Espagne

Non à la criminalisation en Andalousie !

Non à la criminalisation de ceux qui luttent pour l'accès à la terre et aux ressources

Le 11 novembre prochain, plus de cinquante militants du Sindicato Andaluz de Trabajadores, mouvement de travailleurs et ouvriers agricoles, sont appelés à comparaitre devant le Tribunal supérieur de justice d'Andalousie (tribunal de grande instance) à Grenade, accusés d’usurpation, de dommages et de désobéissance grave.

Ils risquent 88 années de prison et 275000 € d'amende.

Leur crime ? Avoir occupé en 2012 une exploitation agricole,  propriété de l'Etat espagnol largement sous utilisée par l'armée pour y garder quelques ânes et chevaux.

Dans cette région où règne un chômage de masse, tous les partis avaient pourtant demandé que cette exploitation soit cédée à la ville d’Osuna, afin de donner un usage social à la terre.

La Coordination paysanne Via Campesina, et toutes ses organisations membres, apporte  son soutien aux camarades interpelés.

C'est l'accès aux ressources, à la vie décente pour tous qui est en jeu.

La terre, l'eau les semences sont des moyens de production et de survie. Ils ne doivent pas être confisqués à des fins spéculatives, ni par les Etats, ni par les compagnies privées.

icon Communiqué presse ECVC SAT nov 2013 (444.86 kB)

La Plateforme pour une agriculture socialement durable à relayé ce communiqué à la presse romande ainsi qu'envoyé à l'Ambassade et aux consulats espagnols de Suisse le 7 novembre 2013.

Un excellent article de fond de Valentina Hemmeler-Maïga dans le journal d'Uniterre d'août 2012 : Solidariser les premiers maillons  

 

 

Somonte, occupation par des journaliers, 4 mars 2012

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  Tierra y libertad

  «Notre philosophie peut se résumer de la façon suivante: la terre, comme l’air et l’eau, est un don de la nature que personne ne peut s’approprier pour son profit individuel ou pour son enrichissement privé. La terre est un bien public, propriété du peuple, qui doit être à l’usage et à la jouissance de ceux qui y vivent et qui la travaillent. Si alors la terre n’est à personne, la propriété de la terre est un vol. C’est pour cela que nous demandons l’expropriation sans indemnisation…»[1]

 Trente ans après la grande époque de ses occupations massives de terres, le Syndicat andalou d’ouvriers agricoles (Sindicato de Obreros del Campo - SOC), vient de renouer avec cette tradition. A 11 heures du matin, le 4 mars, 500 journaliers agricoles et membres du syndicat ont envahi la Finca Somonte dans les riches terres de la plaine du Guadalquivir près de Palma del Rio dans la province de Cordoba. Ce domaine de 400 hectares, dont 40 à l’arrosage, fait partie d’environ 20.000 hectares que la Junta, le gouvernement andalou socialiste, avait décidé de vendre aux enchères. La vente, ou privatisation, du domaine de Somonte était justement prévue pour le 5 mars.

 Qui, dans l’Espagne d’aujourd’hui, frappée par une crise économique sans précédent et par un chômage touchant environ 25% de la population et 50% des jeunes[2], pourrait en avoir les moyens nécessaires? Une famille richissime, une banque, une institution financière…? En tout cas pas les habitants de Palma del Rio, village qui compte 1.700 chômeurs…

 L’occupation dure déjà depuis une semaine. Trente personnes des villages des alentours se sont installées sur le lieu et ont commencé à travailler la terre, à semer salades, tomates, pommes de terre, oignons et autres légumes, d’abord pour l’autoconsommation. Elles sont aidées tous les jours par des dizaines d’autres venus de toute l’Andalousie pour appuyer l’occupation. Dont deux hommes âgés qui connaissent fort bien cette ferme, y ayant travaillé de nombreuses années. Ils ont apporté leur savoir-faire en précisant que ces terres sont très riches, mais que jusqu’à présent personne ne les a jamais vraiment mises en valeur. Un autre voisin de 83 ans a apporté des outils manuels qui ne sont plus utilisés dans l’agriculture intensive d’aujourd’hui. D’autres ont amené des semences, des plants, des poules…

 Parallèlement il a fallu aménager les habitations afin de pouvoir loger tous les occupants. Un électricien de Fuente Carreteros et un plombier de Palma del Rio se sont proposés comme volontaires. Toutes les décisions sont prises dans des assemblées générales quotidiennes et des commissions ont été établies pour s’occuper de la logistique, des relations avec les médias, du nettoyage, des repas, du travail horticole…

 Cette ferme se trouve à 50 km de Marinaleda, grand bastion du SOC, où la municipalité a créé des conserveries et des ateliers qui pourraient transformer les produits de Somonte. Selon le SOC, la partie irrigable pourrait, dans une première étape, fournir du travail à au moins 50 personnes. La ferme pourrait à terme faire vivre beaucoup plus de gens, grâce à la «culture sociale» de tout le domaine. Les occupants disent qu’ils ne veulent pas créer une coopérative de salariés, mais une «coopérative de résistance» assurant la survie et un lieu de vie pour de nombreuses personnes frappées par la crise.

 Au niveau régional et national, le soutien dépasse les milieux syndicaux, venant également de mouvements écologiques, d’associations soutenant l’agriculture biologique, de groupes urbains…

 Le jeudi 8 mars une délégation s’est rendue au Département de l’Agriculture à Séville, afin de demander que la vente du domaine soit annulée et qu’elle soit mise à la disposition d’une coopérative de travailleurs. Dehors, une manifestation de plus de mille membres du SOC les appuyait. Une nouvelle réunion a été fixée pour mardi le 13 mars. 

 C’est en 1978 que le SOC, deux ans après sa légalisation suite à la mort de Franco, a lancé les premières occupations de terres depuis la guerre civile. Elles ont surtout visé des latifundia appartenant à des familles aristocratiques, comme les 17.000 hectares du Duc del Infantado occupés par les journaliers de Marinaleda en 1985. Le SOC est sans doute le seul syndicat européen à avoir officiellement réclamé la réforme agraire. En partie, il a eu gain de cause et a pu créer des coopératives sur des terres occupées. A l’époque la répression était très forte et des centaines de journaliers se sont trouvés inculpés aux tribunaux. A l’époque nous[3] avons lancé une campagne de solidarité internationale, en organisant des tournées d’information dans toute l’Europe et en envoyant des délégations d’observateurs aux procès.

 Cette fois-ci, même si la Guardia Civil suit de près l’occupation de la Finca Somonte, les autorités n’ont pas encore agi contre le SOC. C’est vrai que des élections régionales cruciales auront lieu le 25 mars où le parti socialiste pourrait bien perdre le pouvoir en Andalousie pour la première fois depuis la fin de la dictature. Il est donc peu probable que la junta lance les gardes civils avant cette date… d’autant plus que, face à la crise, ce genre d’action est très populaire et que la colère de la population contre les gouvernants est grande. Mais après le 25 mars…??

 Le SOC a, en tout cas, lancé un appel à la solidarité locale, nationale et internationale. A nous de nous tenir prêts ! Une présence européenne sur place serait une grande aide et rendrait moins probable une intervention policière pour évacuer la ferme. Un compte bancaire sera bientôt ouvert pour une caisse de solidarité financière. Dans l’immédiat, il serait très utile d’envoyer des lettres de soutien à l’adresse électronique indiquée ci-dessous.

 «Cette action devrait être le début de la révolution agraire qui, en cette période de chômage, de pénurie et d’escroquerie néolibérale, nous manque tant. Aujourd’hui toute alternative pour survivre avec dignité doit passer par la lutte pour la terre, l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire…»[4]. Même si le gouvernement a déjà pu vendre plus de la moitié des 20.000 hectares dont il était le propriétaire, il reste encore environ 8.000 hectares à occuper…

 Nicholas Bell, Forum Civique Européen   Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 Pour plus d’information: <www.sindicatoandaluz.org >   < Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir >

[1] Extrait du programme pour la réforme agraire voté lors du 3e congrès du SOC à Marinaleda en octobre 1983.

[2] Les chiffres pour l’Andalousie sont encore plus dramatiques, dépassant les 30%.

[3] C’est le Comité Européen de Défense des Réfugiés et Immigrés (CEDRI), précurseur du Forum Civique Européen, créé surtout par Longo maï, qui a mené cette campagne. En 1985, il a publié une brochure «Terre et Liberté – la lutte des ouvriers agricoles en Andalousie»

[4] Conclusion du premier Communiqué des occupants de Somonte, 4 mars 2012

RTS Mise au point du 24 février 2013, dès la 37ème minute !

A lire 2013 !

 


Biosol Portocarrero

Un accord a mis fin au conflit de travail qui opposait un groupe de travailleuses agricoles marocaines à l'entreprise Biosol Portocarrero le 6 mai 2011 ! Et ceci grâce au large soutien et l'arrêt de COOP de l'importation !

communiqué de presse du SOC-SAT Almeria en espagnol :

icon Communiqué SOC-SAT accord conflit Biosol Portocarrero 

 icon Tages-Anzeiger 24. Mai 2011 icon WoZ 26. Mai 2011

La Plateforme pour une agriculture socialement durable appelle les consommatrices et les consommateurs à soutenir la lutte contre les conditions de travail inacceptables dans l'entreprise Biosol Portocarrero.

Ecrivez une lettre de protestation à  :

Biosol Portocarrero, Carretera de Nijar-San José, E – 04100 Nijar Almeria, Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

ASEMPAL,  Paseo de Almeria, 69 7a planta, E-04001 Almeria; Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

icon biosol SOCicon Bio Andalusien Tagers-Anzeiger 21.02

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L'exploitation des migrant-e-s dans la production industrielle de fruits et légumes dans la mer de plastique d'Almeria en Espagne a été dénoncée à plusieurs reprises par la Plateforme pour une agriculture socialement durable, le Forum Civique Européen, Uniterre, l'autre syndicat et de nombreuses autres organisations, dont plusieurs associations de consommateurs.


 

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Visite de deux syndicalistes du SOC

Les deux syndicalistes Spitou Mendy et Abdelkader Chacha du SOC sont venus au printemps 2009 en Suisse pour présenter leur programme de formation :

icon Programme de formation du SOC 

icon Evénement syndical du 17 juin 2009

icon Schweizer Bauer du 13. Juni 2009 (Moderne Sklavenhaltung)  

Les syndicats du Sud de l'Espagne organisent des marches pour l'emploi :

icon Marcha por la dignidad y el empleo SOC/SAT 1 

icon Marcha por la dignidad y el empleo SOC/SAT 2 

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