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Saluzzo/Piémont Italie

« Un hôtel 4 étoiles pour les animaux, et même pas une écurie pour les travailleurs »

A l'initiative de La Via Campesina, organisation internationale des travailleurs de la Terre, des représentants de la « Plateforme pour une agriculture socialement durable » et de « l'autre syndicat » se sont rendus à Saluzzo, dans le Piémont à 50km au sud de Turin, en Italie, du 31 août au 2 septembre 2013, afin de faire un rapport sur les conditions de travail des ouvriers agricoles.

saluzzo_camp_petit.jpgSaluzzo est le plus grand bassin de production fruitière d'Italie. Pèches, pommes, kiwis mais aussi petits fruits et légumes proviennent de cette région. Les alignements interminables d'arbres fruitiers, recouvert de filets anti grêle, dominent le paysage. Les fruits et les souches sont choisis selon les critères  du marché : uniformité, facilité de manutention et transport, timing du murissement etc. Rien n'est laissé au hasard, les paysans sont devenus des entrepreneurs, devant à tout moment suivre les méthodes de traitement préconisées par les acheteurs. Tous les quelques kilomètre se dressent les immenses halles des entreprises et coopératives de conditionnement, bordées de piles de paloxes de toutes les couleurs. Les fruits y sont acheminés, lavés, triés, empaquetés et envoyés aux quatre coins de l'Italie et de l'Europe.

L'élément de la production qui n'est pas sous contrôle est la main-d'œuvre saisonnière : à l'origine italienne, elle est devenue, comme partout, étrangère. Le marché du travail est disputé par différentes communautés : Roumains, Bulgares, Albanais, Indiens, Maghrébins et Chinois entre autre se pressent au portillon. Dans la région de Saluzzo, les travailleurs migrants les plus visibles aujourd'hui sont les hommes africains subsahariens du Mali, Côte d'Ivoire, Gabon, Burkina Faso, Sénégal, Togo etc. Ils sont quelques 500 à camper au Foro Boario, en bordure de la ville, à côté d'un champ de panneaux voltaïques et de l'enceinte servant à la grande foire agricole annuelle. Ils se sont construit des habitations avec des matériaux de récupération : plastic, palettes en bois, cordes et ficelles. Les conditions sanitaires sont désastreuses. Contraste saisissant avec les soin apportés aux animaux de concours qui, en raison de la chaleur, sont douchés deux fois par jour, la litière maintenue propre en permanence, l'alimentation livrée individuellement. Pour le surplus, un coiffeur et un spécialiste des onglons sont à leur disposition... Les travailleurs agricoles, qui sont à proximité immédiate, sont par contre dans le dénuement total.

saluzzo_camp_petit_1.jpgTous les matins, ces travailleurs sortent à vélo, sillonnent la plaine à la recherche de travail et rentrent le soir, souvent bredouilles. Il y a quelques années, ils n'étaient que quelques-uns à la recherche de travail et ils en trouvaient. Année par année leur nombre a augmenté et les logements mis à disposition venaient à manquer. En 2012, la situation est devenue explosive et les autorités ont été appelées à mettre à disposition des ces travailleurs saisonniers des logements, peu a été fait. En 2013, le nombre de travailleurs cherchant du travail et un logement a encore augmenté car ils sont obligés, outre de gagner leur vie, de présenter un contrat de travail pour obtenir la prolongation de leur permis de séjour. Ceci les met en dépendance des patrons. Beaucoup d'employeurs n'hésitent pas de profiter de cette situation pour payer des salaires au rabais et de déclarer qu'une partie des jours travaillés, sans pour autant reverser les cotisations sociales. Donc pas de droit au chômage et pas de prolongation du permis de séjour ! Ils ont peu de soutien ces travailleurs africains : ostracisés par la couleur de leur peau, les syndicats et organisation politiques (à quelques exceptions près) les laissent à leur sort et ne prennent pas activement leur défense.

Sur place, début septembre, une petite délégation du groupe de travail sur les travailleurs saisonniers migrants de la Via Campesina a rencontré les travailleurs à Saluzzo. Lors d'une conférence de presse, ensemble avec les associations de soutien, nous avons dénoncé les conditions de travail et de logement intolérables et appelé les autorités à agir tout en relayant les revendications des travailleurs.

Le  7 septembre, la ministre de l'intégration du gouvernement Letta, Madame Cécile Kyenge, est venue à Saluzzo pour y rencontrer les autorités. Les travailleurs africains du Foro Boario lui ont remis une lettre ainsi qu'un catalogue de revendications, ils attendent des réponses concrètes !

Début octobre, la récolte sera terminée, le froid s'installera et les travailleurs saisonniers migreront vers le sud de l'Italie pour la récolte des agrumes. Ils se heurteront à nouveau à des conditions de travail déplorables, les émeutes de Rosarno et de Foggia sont encore dans toutes les mémoires. L'agriculture industrielle et la concurrence effrénée ont besoin d'esclaves, elles les trouvent parmi ces travailleurs migrants venus de très loin dans le but de trouver des conditions de vie meilleures !

 

17 avril : journée internationale des luttes paysannes

logo bauernkampftag

Origine de cette journée d’action : Le 17 avril 1996 au
Brésil, la police militaire a massacré des paysans et
paysannes membres du Mouvement des Travailleurs Ruraux
Sans Terre (MST). Ce jour-là, 1500 membres du MST ont
occupé et bloqué une autoroute pour exiger du gouvernement
la mise en oeuvre d’une réforme agraire. 155 policiers les ont
encerclés utilisant du gaz lacrymogène et tirant à balles
réelles. Bilan : 19 personnes tuées, trois personnes décédées
des suites de leurs blessures, et 69 autres blessées. Les
autorités de cet Etat – la police, l’armée et de puissants
propriétaires terriens – étaient impliquées dans la préparation
et l’exécution de ce massacre. Plus de quinze ans après,
aucun des responsables de ce massacre n’a été emprisonné
ou puni.

 icon 17 avril 2013

voir aussi VéloKarawane

 

Conséquences sociales de l'industrialisation de l'agriculture

Une centaine de personnes ont participé au séminaire „ les conséquences sociales de l'industrialisation de l'agriculture" à Berne le 7 février 2013. Ouvrières et ouvriers agricoles de Suisse et d'Andalousie, paysannes et paysans ont relaté leurs conditions de travail et de vie qui sont en constante dégradation suite à l'industrialisation  de l'agriculture. Federico Pacheco du syndicat SOC (syndicat des travailleuses et travailleurs de la Terre) a informé du long combat du syndicat pour obtenir des conditions de travail acceptables dans l'entreprise de conditionnement Biosol Portocarrero à Almeria (Andalousie), entreprise qui livre également des légumes bio hors-saison aux grands distributeurs suisses. Fatou N'dir, une ancienne employée dans le conditionnement en Suisse, a raconté ses expériences de mobbing subies et des conditions de travail inacceptables. Un ouvrier agricole a fait un constat similaire sur son travail dans la vigne. Grace à la participation active du public, les différents aspects dus à l'industrialisation de l'agriculture en Andalousie et en Suisse ont pu être comparés. Plusieurs paysannes et paysans ont critiqué la politique agricole qui les soumet à une pression croissante.  Eric Ramseyer, un paysan de Suisse-romande, a expliqué que les agrandissements exigés de son domaine l'ont mené dans l'impasse.

Le seminaire a permis de formuler des exigences au Conseil fédéral et au parlement. Ce catalogue d'exigences sera remis ces prochains jours aux organisations agricoles, syndicales, de consommateurs et politiques.

Il demande entre autre :

  • L'égalité des droits et la cogestion des femmes dans l'agriculture et leur extension dans tous les domaines.
  • En Suisse, l'agriculture doit être soumise à la Loi sur le Travail ; de plus un contrat type national contraignant pour les employé-e-s agricoles correspondant aux conditions de travail des autres secteurs économiques doit être édicté.
  • L'agriculture paysanne doit être soutenue par la mise en place et l'application de critères de commerce et prix équitables pour les produits issus de l'agriculture et la plus-value dans toute la chaine de production doit être équitablement repartie.
  • Des standards sociaux minimaux doivent être fixés dans la production de biens agricoles.
  • En cas de violation évidente des standards sociaux les grands distributeurs doivent être responsabilisés.

 Le forum a été porté par les organisations suivantes : Forum Civique Européen, Uniterre, Solifonds, Plateforme pour une agriculture socialement durable, Coopérative Longo maï, l'autre syndicat, Bio Forum Suisse, Unia et Sit.

 

 
dsc_0022_kopie.jpg






















Exigences au Conseil fédéral et au parlement : icon forum 2013 exigences 

Plusieurs articles de presse : icon événement syndical 13.02.2013

icon Work 15.02.2013 icon Nouvelliste icon Schweizer Bauer icon Die Grüne, Februar 2013

Statistiques agriculture suisse 1990 à 2011 : icon forum statistiques icon forum tableau statistiques

 

Conférences les 4, 5 et Forum le 7 février 2013

Conférence à Genève le 4 février, 20h, Maison des Associations, 15 rue des Savoises, salle Zazie Sadou

icon conférence 4 février        sur les conflits de travail Bio-Sol Portocarrero

Conférence à Zurich le 5 février, 19h30, Unia, Volkshaus (2ème étage), Stauffacherstrasse 60, 8004 Zurich

icon Konferenz Zürich 5. Februar 2013, Volkshaus      sur les conflits de travail Bio-Sol Portocarrero

avec :

  • Hafida Mounjid, déléguée syndicale SOC-SAT-Bio Sol
  • Mbarka El Goual, syndicaliste responsable du programme femmes au SOC-SAT
  • Federico Pacheco, permanent du SOC-SAT, syndicat des ouvriers et ouvrières agricoles andalous

Le Forum : Conséquences sociales de l'industrialisation de l'agriculture, regards croisés entre la Suisse et l'Andalousie. Berne le 7 février 2012 ! Assurez votre participation en vous y inscrivant dès maintenant !

 icon Forum 2013 

 

 

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